Jean-Richard Bloch (1884-1947)

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Titre

Jean-Richard Bloch (1884-1947)

lien avec Georges Canguilhem

Georges Canguilhem a été recommandé par Alain, Michel et Jeanne Alexandre à Jean-Richard Bloch, qui cherchait en 1925 un répétiteur pour ses filles. De ces leçons est née une amitié que l'on peut retrouver dans la correspondance entre le philosophe et l'écrivain.

Auteur principal

Bloch, Jean-Richard

Biographie

Jean Bloch, dit Jean-Richard Bloch, né le 25 mai 1884 à Paris 8e et mort le 15 mars 1947 à Paris 1er, est un écrivain, essayiste, homme politique, journaliste et poète français.

Il a siégé au Conseil de la République dans le groupe communiste.
Après une scolarité secondaire au lycée Condorcet, il suit des études d'histoire et de géographie en même temps qu'il écrit ses premiers textes, des nouvelles et un roman. Il rencontre en 1905 Marguerite Herzog, sœur d'André Maurois, qu'il épouse en 1907. Agrégé d'histoire la même année, il devient professeur au lycée de Lons-le-Saunier, puis à Poitiers à partir de la rentrée de 1908. Il se fait mettre en congé en 1909 afin de se consacrer à l'écriture. Il fonde en 1910 - sous le pseudonyme de Jean Richard - une publication intitulée «L'Effort», qui devient «L'Effort Libre» deux ans plus tard.

Engagé en 1914, caporal, puis sous-lieutenant et lieutenant dans l'infanterie, il est blessé à trois reprises. Après la guerre, il collabore à La «Vie ouvrière» et à «L'Humanité», ainsi qu’à la revue «Clarté». Socialiste depuis qu'il était étudiant, il adhère au Parti communiste français dès 1921, mais le quitte au moment de la bolchevisation. Il contribue, avec Romain Rolland et un comité d'écrivains, en 1923, à la création de la revue «Europe».

En 1933, il se situe entre socialisme et communisme, sans appartenir à l'un des deux partis. Il va militer en faveur de la cause antifasciste et du Front populaire et progressivement se rapprocher du Parti communiste. Après la crise du 6 février 1934, il adhère au Comité de vigilance des intellectuels antifascistes (CVIA) et à l’Association des écrivains et artistes révolutionnaires (AEAR). Il participe en août 1934 au Congrès des écrivains soviétiques à Moscou. Ce voyage officialise son rapprochement avec le PCF. Il organise et participe activement au Congrès international des écrivains pour la défense de la culture en 1935 et, avec Louis Aragon à la fondation du quotidien communiste «Ce soir» en mars 1937. Il adhère au Parti communiste français à la fin du printemps ou au début de l'été 1939, soit quelques semaines avant le Pacte germano-soviétique. Ebranlé par le pacte, il le soutiendra officiellement ainsi qu'il le fera pour les députés communistes arrêtés dans les semaines qui suivront. Il s'engage cependant dans la résistance après l'occupation allemande.

Au début de l’année 1941, se sentant de plus en plus menacés en tant que communistes et en tant que juifs, les Bloch vont donc décider de fuir en URSS.
En URSS, Bloch sera journaliste et écrivain. C'est le seul intellectuel français de renom présent en URSS. Il devient en effet à partir d’août 1941 une des voix de la France depuis Moscou, la seule officielle. Il réalise en effet pendant presque tout son exil des émissions en langue française à Radio-Moscou.

Les Bloch rentrent en France au début de l'année 1945. Si leur maison de la Mérigote (dans les environs de Poitiers), mise sous scellés, a été "relativement" protégée (la bibliothèque est intacte), ce n'est pas le cas de l'appartement de la rue de Richelieu qui appartenait à sa mère, déportée à Auschwitz. Tout en menant une éprouvante recherche de ses proches disparus (sa mère, sa fille France Bloch, son beau-fils Fredo Sérazin...), il reprend alors la direction de «Ce soir».

En 1946, Jean-Richard Bloch est élu conseiller de la République communiste. Sa mort brutale, en mars 1947, interrompt un mandat qui n'aura duré que quelques mois.

Langue

français

Ressources documentaires associées

La bibliothèque personnelle de Georges Canguilhem comporte 8 publications de Jean-Richard Bloch.
Dans les archives Canguilhem, un dossier Jean-Richard Bloch rassemble la correspondance photocopiée du Fonds Jean-Richard Bloch conservé à la Bibliothèque nationale de France.
Article en ligne de Michel Trebitsch sur cette correspondance :
«L'intellectuel dans l'action : lettres de Georges Canguilhem à Jean-Richard Bloch (1927-1946)»
Extrait de la revue «Vingtième siècle», 50, 1996
Constitué à partir de 1960 par les dons successifs de Madame Jean-Richard Bloch, puis ceux de ses enfants, le fonds Jean-Richard Bloch de la Bibliothèque nationale de France, par sa richesse et sa variété, est devenu, depuis les années soixante-dix – date d'entrée de la correspondance – le point de passage obligé des recherches sur la vie intellectuelle ou quotidienne de la première moitié du XX è siècle ; et le point de départ de toute étude sur l'oeuvre de l'écrivain.
Un fonds d'archives Jean-Richard Bloch est consultable à La Contemporaine (Nanterre)
La bibliothèque personnelle de Jean-Richard Bloch, conformément à sa volonté, a été léguée par ses héritiers à la ville de Poitiers

Bibliography

Jean-Richard Bloch est mentionné dans les volumes 1 et 4 des «Œuvres complètes» de Georges Canguilhem.