Michel Alexandre (1888-1952)

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Titre

Michel Alexandre (1888-1952)

lien avec Georges Canguilhem

Michel Alexandre, disciple d'Alain, a dirigé les «Libres Propos» avec sa femme Jeanne Alexandre, publication à laquelle Georges Canguilhem a collaboré. Ils ont entretenu des relations d'amitié.

Auteur principal

Alexandre, Michel

Biographie

Michel Paul Alexandre, né le 27 mars 1888 à Dieppe (Seine-Maritime) et mort le 14 décembre 1952 à Paris, est un philosophe français.
Reçu au baccalauréat en 1904, à seize ans, il décida qu’il serait professeur de philosophie dans un lycée. En 1912 il passait l’agrégation de philosophie, après avoir comme concession à sa famille achevé ses études de droit.
En juillet 1908, il rencontra Alain pour la première fois et cette rencontre allait être déterminante tout au long de sa vie.
En 1913, il commença sa carrière de professeur de philosophie dans un lycée à Chaumont.
Après leur mariage à l’été 1916, Jeanne Alexandre (née Halbwachs) et Michel Alexandre, nommés professeurs de philosophie au Puy, continuèrent à militer avec la minorité du Parti socialiste. A partir de 1917, ils n’appartinrent plus à un parti politique, suivant en cela Alain qui pensait que l’individu agit plus efficacement en faveur de la justice, seul, qu’en groupe.
Après deux ans d’enseignement à Lons-le-Saunier de 1917 à 1919, Jeanne et Michel Alexandre furent nommés à Nîmes où ils restèrent jusqu’en 1925.
En janvier 1921, Michel Alexandre proposa à Alain qui cherchait une tribune, de reprendre les Propos d’avant-guerre dans une publication hebdomadaire. Ainsi commença le 9 avril 1921 la publication des «Libres Propos», nés pour permettre à Alain de réaliser le serment qu’il avait fait durant la guerre : lutter pour que la guerre ne revienne plus. Alain avait exigé que chaque numéro comprenne, outre son Propos, des textes de ses amis. L’aventure des «Libres Propos» s’étendit sur quinze années avec quelques interruptions. Malgré une santé défaillante, Michel Alexandre soutint cette entreprise de toutes ses forces.
En octobre 1925, il fut nommé à Paris avec, au début, un service incomplet aux lycées Victor Duruy, Louis le Grand et, à partir de 1928, à Janson de Sailly. Il enseigna par la suite au lycée Henri IV puis il fut nommé en 1931 au lycée de jeunes filles de Versailles à la tête des classes de première supérieure et de préparation à l’Ecole normale supérieure de Sèvres. Ils habitaient à Saint-Cloud à partir de 1937.

En octobre 1927, Michel et Jeanne Alexandre revenus à Paris, pouvaient ainsi voir régulièrement Alain. Autour des «Libres Propos» une équipe se constituait, avec Jean Laubier, Georges Canguilhem, Simone Weil, Pierre Bost, élèves d’Alain.
Les événements du 6 février 1934 décidèrent Alain comme Michel Alexandre à se lancer dans l’action politique. Michel Alexandre participait à la constitution du Comité de Vigilance des intellectuels antifascistes, présidé par Alain, Paul Langevin et Paul Rivet. Michel Alexandre défendit également les thèses pacifistes à la Ligue des Droits de l’Homme.

À la rentrée scolaire 1939, Michel Alexandre suivit la classe de khâgne de Louis-le-Grand à Clermont-Ferrand où elle avait été repliée et y enseigna jusqu’à l’armistice. À l’automne 1940 il revint, malgré les conseils de prudence de son entourage, de Clermont à Paris, afin de reprendre son poste à Henri-IV et de retrouver Alain resté au Vésinet. Il se vit bientôt interdit d’enseigner pour raisons raciales, à partir du 18 décembre 1940. Le 26 juin 1941, Michel Alexandre était arrêté par la Gestapo et interné au camp de Royal-Lieu, près de Compiègne. Il fut libéré au bout d’un mois grâce au dévouement acharné de quelques amis et aux démarches de dirigeants politiques (Brinon, Laval, de Monzie, Marquet, Déat). Ses amis le décidèrent alors à gagner la zone libre. Réfugié à Limoges à partir de janvier 1942, il enseigna la philosophie au lycée Gay-Lussac de Limoges d’octobre 1944 à octobre 1946. Il revint à Paris comme professeur d’hypokhâgne aux lycées Louis-le-Grand et Fénelon. Depuis la guerre, il s’était tenu à l’écart de la politique. Il fut du petit cercle d’amis à qui Alain avait confié le soin de son œuvre. L’originalité de Michel Alexandre fut d’être avant tout un professeur de philosophie ; la philosophie était sa vocation.

Ses élèves, après sa mort, en décembre 1952, rassemblèrent les cours qui le font revivre, En souvenir de Michel Alexandre (1959), Lecture de Kant (1961), Lecture de Platon (1968).
Un fonds Jeanne et Michel Alexandre est consultable aux Archives de La Contemporaine (Nanterre)

Langue

français

Ressources documentaires associées

La bibliothèque personnelle de Georges Canguilhem comporte 11 publications de Michel Alexandre dont la collection des «Libres Propos».
Au CAPHÉS :
Lettres de Georges Canguilhem adressées à Jeanne et Michel Alexandre (don de Michel Léon au Centre documentaire le 23 février 2021)
Dans le fonds Canguilhem, un dossier « Michel Alexandre, de J. P. Léon » contient des lettres d'Alain, Roger Martin du Gard et René Le Senne.
Des pièces relatives à Michel Alexandre ont été insérées dans l'ouvrage de Gérard Granel, « Michel Alexandre et l'école française de la perception» (cote CAN 1544)
Des pièces relatives au Comité de vigilance des intellectuels antifascistes insérées dans la brochure de G. Canguilhem, «Le fascisme et les paysans» (CAN 3250)
Un Fonds Jeanne et Michel Alexandre est consultable aux Archives de La Contemporaine.
Un Fonds Jeanne et Michel Alexandre est consultable à la Bibliothèque du Carré d'Art à Nîmes.

Source

Bibliography

Michel Alexandre est mentionné dans les volumes 1, 4 et 5 des «Œuvres complètes» de Georges Canguilhem.