Jeanne Alexandre (1890-1980)

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Titre

Jeanne Alexandre (1890-1980)

lien avec Georges Canguilhem

Jeanne Alexandre, disciple d'Alain, a dirigé avec son mari Michel Alexandre les «Libres Propos» d'Alain auxquels Georges Canguilhem a collaboré.

Auteur principal

Alexandre, Jeanne

Biographie

Née le 14 février 1890 à Paris, Jeanne Alexandre (née Halbwachs) est morte le 14 novembre 1980. Elle est la sœur de Maurice Halbwachs.
Jeanne Halbwachs fit ses études au lycée Fénelon.
Elle était déjà de conviction socialiste lorsqu’elle vint préparer l’agrégation des lettres au Collège Sévigné en 1909, dans la classe d’Alain. Elle apprit de lui « pour sa vie tout entière, à la fois à critiquer les idées et à s’efforcer de les mettre en pratique ».
En 1913, après avoir été reçue première à l’agrégation féminine, au lieu de prendre un poste de professeur en province, elle demeura à Paris, dans sa famille, et donna des cours au Collège Sévigné.
À la veille des élections législatives de 1914, Jeanne Halbwachs avait adhéré au Parti socialiste. Au même moment, elle entra dans le combat féministe. Elle rejoignit la Ligue du droit des femmes.
En 1915, Jeanne Halbwachs rejoint la Section française de la Ligue internationale des femmes pour la Paix permanente, créée à la suite du congrès de La Haye organisé à l'initiative de Jane Addams et à des associations féministes d’Amérique et de Hollande.
La conséquence la plus mémorable du congrès de La Haye — nous dit J. Alexandre — fut de s’être trouvée à l’origine de l’engagement absolu d’Alain dans l’action politique pour la paix ; en même temps son alliance avec Michel Alexandre a été scellée.
En septembre 1915, Michel Alexandre, alors professeur de philosophie à Chaumont, envoyé par Alain, entrait en contact avec ce petit groupe pour l’orienter vers une action pacifiste plus déterminée.
Comme Michel Alexandre, Jeanne Alexandre a partagé sa vie entre l’enseignement de la philosophie et l’action politique. Elle a été professeur à Nîmes où elle resta jusqu’en 1927, à Versailles, à Limoges pendant la Seconde Guerre mondiale, puis à Paris (lycée Victor Hugo, lycée Victor Duruy). Comme lui, portée par une admiration totale pour Alain, la politique a été pour elle l’entreprise des «Libres Propos» qu’il fallait maintenir comme le moyen, l’instrument de la défense de la paix.
Après le 6 février 1934, elle adhéra au Comité de vigilance des intellectuels antifascistes (CVIA), représentant les femmes dans le Comité fondateur.
À la rentrée scolaire 1939, Michel et Jeanne Alexandre suivirent leurs classes de Louis-le-Grand et de Versailles à Clermont-Ferrand où elles avaient été repliées et y enseignèrent jusqu’à l’armistice. À l’automne 1940, Michel et Jeanne Alexandre regagnaient Paris. En décembre 1940, Michel Alexandre se voyait interdit d’enseigner pour raisons raciales ; en juin 1941, il était arrêté par la Gestapo et interné un mois au camp de Royal-Lieu. En janvier 1942, Jeanne et Michel Alexandre gagnèrent Limoges en zone libre, où Jeanne Alexandre, non juive, avait été nommée.
Après la guerre, Jeanne et Michel Alexandre revinrent à Paris, se tenant à l’écart de la politique. Après la mort de Michel Alexandre en décembre 1952, Jeanne Alexandre s’attacha à rassembler et à publier les cours qui le font revivre.

Langue

français

Ressources documentaires associées

Collection des «Libres Propos» d'Alain au CAPHÉS
Des lettres de Georges Canguilhem adressées à Jeanne et Michel Alexandre (don de Michel Léon au Centre documentaire le 23 février 2021) sont conservées au CAPHÉS.
Un Fonds Jeanne et Michel Alexandre est consultable aux Archives de La Contemporaine
Un fonds Jeanne et Michel Alexandre est consultable à la Bibliothèque du Carré d'Art à Nîmes

Source

Bibliography

Jeanne Alexandre est mentionnée dans les volumes 1, 4 et 5 des «Œuvres complètes» de Georges Canguilhem.