Vladimir Jankélévitch (1903-1985)

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Titre

Vladimir Jankélévitch (1903-1985)

lien avec Georges Canguilhem

Vladimir Jankélévitch et Georges Canguilhem se sont rencontrés à l’École normale supérieure, rue d'Ulm, le premier précédant le second de deux promotions.
Ils se sont côtoyés tout au long de leurs parcours : à Toulouse pendant la guerre, et à Paris, où les deux philosophes enseignaient ensemble à la Sorbonne. Ils ont partagé de nombreux engagements dont celui de la défense de l'enseignement de la philosophie.
Vladimir Jankélévitch fut un ami de la famille Canguilhem, ce dont les envois manuscrits sur ses ouvrages dans la bibliothèque de Georges Canguilhem témoignent.

Auteur principal

Jankélévitch, Vladimir

Biographie

Vladimir Jankélévitch naît de parents intellectuels russes ashkénazes qui ont fui les pogroms. Il est naturalisé français à l'âge de un an. Son père, Samuel Jankélévitch, est un médecin otorhinolaryngologiste, qui est un des premiers traducteurs de Sigmund Freud en France. Également traducteur de Hegel et Schelling, il publie des articles dans les revues de philosophie.
En 1922, Vladimir Jankélévitch entre à l'École normale supérieure, où il étudie la philosophie ; il y a pour maître Léon Brunschvicg (1869-1944). En 1923, il rencontre Henri Bergson, avec qui il entretient une correspondance.
Reçu premier à l’agrégation de philosophie en 19262, Jankélévitch part pour l'Institut français de Prague l'année suivante. Il y enseigne jusqu'en 1932 et rédige une thèse sur Schelling. De retour en France, il enseigne au lycée Malherbe de Caen, puis au lycée du Parc de Lyon avant d'intégrer l'université de Toulouse en 1936, puis celle de Lille en 1938 en tant que professeur de philosophie morale.
Sous-lieutenant de réserve comme tout normalien à l'époque, il est mobilisé quand la Seconde Guerre mondiale est déclenchée et envoyé au front comme lieutenant d’infanterie. Blessé à l’épaule, il est évacué à Marmande. En janvier 1940, il retourne à Toulouse.
Le 18 juillet 1940, huit jours après la prise du pouvoir par Pétain, il est révoqué de la fonction publique comme n’ayant pas la nationalité française « à titre originaire ». Il enseigne alors à Toulouse sous une fausse identité, les registres de Lille étant inaccessibles à l'administration française depuis que le Nord est en zone Reich. Il est destitué irrévocablement en décembre 1940 en vertu du « statut des juifs ». Poussé dans une clandestinité de tous les instants, il passera les années d'Occupation sous plusieurs identités, dont celle d’André Dumez, des années de peur et de misère matérielle.
Il s'engage aussitôt dans la Résistance en distribuant des tracts. Des armes sont trouvées chez lui en janvier 1941. Une intervention de Léon Brunschvicg auprès de Jérôme Carcopino, directeur de l'École normale supérieure devenu en février 1941 secrétaire d’État à l'Éducation nationale dans le gouvernement Darlan, le met à l'abri des poursuites : ce ne serait que pour se défendre.
Pour survivre, Vladimir Jankélévitch enseigne à la pige dans des écoles privées de « bachotage ». Au Café du Capitole, des étudiants résistants viennent écouter ses discours philosophiques, prêts à user de leurs armes au cas où une rafle se produirait. En 1943, il intègre un réseau de la Résistance, le groupe Étoile du Mouvement national contre le racisme (MNCR).
Sa sœur Ida (1898-1982) épouse le poète Jean Cassou. Il réussit à faire venir toute sa famille à Toulouse, où Jean Cassou deviendra commissaire de la République en juin 1944. Il reçoit l'aide du recteur de l'Institut catholique de Toulouse, Mgr Bruno de Solages, ainsi que des francs-maçons, notamment la famille de Henri Caillavet. Il rejoint alors les réseaux catholiques de la Résistance.
Il retrouve en octobre 1947 son poste de professeur à la Faculté de Lille. De 1951 à 1979, il est titulaire de la chaire de philosophie morale à la Sorbonne. Il est fait docteur honoris causa de l'Université libre de Bruxelles en 1965.
En 1979, lors des États généraux de la philosophie qui se sont tenus à la Sorbonne, il a contribué, avec Jacques Derrida, à sauver l'enseignement de la philosophie en classe de terminale en France.
Il meurt à Paris le 6 juin 1985 et est inhumé au Nouveau Cimetière de Châtenay-Malabry.

Langue

français

Ressources documentaires associées

La bibliothèque de Georges Canguilhem comporte 9 publications dont Vladimir Jankélévitch est l'auteur portant des envois manuscrits. Sur l'ensemble des collections, le CAPHÉS en propose 16.
Vladimir Jankélévitch est présent dans plusieurs fonds d'archives du CAPHÉS :
-les archives de Georges Canguilhem
-les archives Jean Brun
-les archives de Claire Salomon-Bayet
-les archives de la Société française de philosophie
La Bibliothèque Ulm-Lettres et sciences humaines comporte des documents relatifs à V. Jankélévitch en lien avec sa scolarité, également dans les archives Jean Hyppolite.
D'autres bibliothèques disposent de documents en relations avec V. Jankélévitch : la Bibliothèque interuniversitaire de la Sorbonne et la Bibliothèque Victor Cousin, la Bibliothèque littéraire Jacques Doucet, l'Institut d'études slaves, la Bibliothèque de l'Institut de France, La Contemporaine, l'Humathèque (Campus Condorcet), le service des archives du Collège de France.

Source

Bibliography

Vladimir Jankélévitch est mentionné dans les volumes 2, 3, 4 et 5 des «Œuvres complètes» de Georges Canguilhem.

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Vladimir Jankélévitch - La mort et la profondeur Auteur principal Chapitre