François Tosquelles (1912-1994)

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Titre

François Tosquelles (1912-1994)

lien avec Georges Canguilhem

Après le massacre du convoi de blessés, le 22 juin, par les Allemands, au Mont-Mouchet - lieu de rassemblement des maquisards d'Auvergne en juin 1944 -, convoi auquel Georges Canguilhem prend part, il se réfugie à l’hôpital psychiatrique de Saint-Alban-sur-Limagnole (Lozère), où il retrouve le psychiatre Lucien Bonnafé (1912-2003) qu’il connaît déjà, et rencontre le psychiatre espagnol François Tosquelles (1912-1984). Il y restera deux semaines.

Auteur principal

Tosquelles, François

Biographie

François Tosquelles (né Francesc Tosquelles Llauradó le 22 août 1912 à Reus, en Catalogne espagnole, et mort le 25 septembre 1994 à Granges-sur-Lot), est un psychiatre et psychanalyste naturalisé français en 1948. Il est l'un des inventeurs de la psychothérapie institutionnelle.
Durant la guerre civile, François Tosquelles s'engage dans les milices anti fascistes du POUM. Après la défaite républicaine et la « Retirada » de 1939, menacé (comme tous les Républicains révolutionnaires) par le régime de Franco, Tosquelles se réfugie en France, au camp de concentration de Septfonds en septembre 1939. Il est chargé d'organiser les soins dans l'hôpital de fortune du camp.
Un poste lui est proposé à l'hôpital psychiatrique de Saint-Alban-sur-Limagnole, en Lozère où il arrive le 6 janvier 1940. L'asile est à la fois lieu de résistance et lieu de refuge pour des clandestins.
Tosquelles participe à la transformation de Saint-Alban. A son arrivée à l'asile de Saint-Alban, il découvre que les pensionnaires sont soumis au rationnement. Pour ne pas les voir mourir de faim, comme cela a été le cas dans la plupart des asiles en France, il ouvre les portes de l'asile et envoie ses malades aux champs pour y aider les fermiers qui, en retour, les rémunèrent en denrées alimentaires : pommes de terre, choux. Cette action et celles qui suivirent (carnaval avec défilé dans le village, fêtes, arts…) pendant les vingt ans que Tosquelles passa à Saint-Alban sont des occasions de révolutionner la relation du soignant au patient, avec plus de liberté et plus de richesse dans les soins et une meilleure insertion dans la vie locale.
Parmi les inventions de Tosquelles figurent les clubs thérapeutiques. Les patients et les soignants s'y réunissent sur un pied d'égalité, sans hiérarchie ni statut. Le patient y développe ses capacités d'agir, de s'organiser, se responsabiliser et prendre des initiatives dans le cadre collectif. Tosquelles travaille à Saint-Alban jusqu'en 1962.
Il restera très attaché à Saint-Alban, où il contribue notamment à la formation de Jean Oury et Frantz Fanon, et participera à de nombreux groupes de travail.
L'expérience pionnière menée à Saint-Alban sera théorisée et développée à travers la psychothérapie institutionnelle, mouvement qui, de cet asile à celui de La Borde, a influencé fortement la psychiatrie et la pédagogie depuis la seconde moitié du XXe siècle.

Ressources documentaires associées

Un dossier des archives de Georges Canguilhem porte sur ses années dans la Résistance.
L’ensemble des collections réunies au CAPHÉS propose 3 publications en lien avec François Tosquelles et l'hôpital psychiatrique de Saint-Alban-sur-Limagnole.
Des documents en lien avec François Tosquelles sont conservés dans d'autres institutions : la BNF, les Archives nationales, les Archives départementales de l'Hérault.

Source

Bibliography

François Tosquelles est évoqué dans le volume 4 des «Œuvres complètes» de Georges Canguilhem.

Ressources liées