Jean Cavaillès (1903-1944)

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Titre

Jean Cavaillès (1903-1944)

lien avec Georges Canguilhem

En février 1941, Georges Canguilhem a répondu à un appel de son ami Jean Cavaillès, maître de conférences de philosophie à l’Université de Strasbourg repliée à Clermont-Ferrand, pour le remplacer, car il était nommé à Paris.
Après la mort de Jean Cavaillès, Georges Canguilhem n'a jamais manqué de rendre hommage à son ami lors de commémorations ou en participant à l'édition de ses œuvres posthumes.

Auteur principal

Cavaillès, Jean

Biographie

Jean Cavaillès est né le 15 mai 1903 à Saint-Maixent (Deux Sèvres) et fut fusillé le 17 février ou le 5 avril 1944 à Arras (Pas-de-Calais). Philosophe, logicien et mathématicien français, il fut un héros de la Résistance.
Reçu avec la mention bien à deux baccalauréats simultanément, mathématiques et philosophie, Jean Cavaillès a été accepté pour la rentrée 1920 en classe préparatoire au lycée Louis-le-Grand.
Ayant obtenu la licence de philosophie mais échoué au concours de l’École Normale Supérieure après une triste année de khâgne, il décide de travailler seul l’année suivante ; en 1923, il est reçu premier.

En parallèle de son cursus de philosophie à l'ENS, qui dure quatre ans, Jean Cavaillès passe une licence de mathématiques.
Jean Cavaillès postule en décembre 1925 à un diplôme d'études supérieures, en mathématiques. Il est reçu en 1927 quatrième à l'agrégation de philosophie.
C'est durant son service militaire que la lecture d'Émile Borel, commencée dans le cadre de son DES sur les probabilités, le détermine à proposer en avril 1928 à Léon Brunschvicg, ravi, de consacrer sa future thèse de doctorat à « l'origine et la formation de la théorie des ensembles jusque vers 1890 ».
Il revient à l’École Normale dès 1928, comme secrétaire-archiviste du Centre de documentation sociale et comme agrégé-répétiteur, puis agrégé-préparateur de 1932 à 1935 ; il enseigne aux philosophes la philosophie générale, les mathématiques et la philosophie des mathématiques. Il a notamment pour élèves Maurice Merleau-Ponty et Albert Lautman. Il prépare sa thèse sous la direction de Léon Brunschvicg. Il assiste à la conférence de Husserl devant la Société française de philosophie le 27 février 1929, au colloque de Davos, où il voit Cassirer, Heidegger et le jeune Emmanuel Lévinas.
Boursier d’étude à la Fondation Rockefeller en 1929-1930, il séjourne à plusieurs reprises en Allemagne (Berlin, Hambourg, Göttingen, Munich et Fribourg), où il observe l’arrivée du régime nazi, lisant «Mein Kampf» et allant écouter Hitler dans une brasserie en 1931.
Il enseigne au lycée d’Amiens de 1936 à 1938.
En 1937, il dépose sa thèse principale, «Méthode axiomatique et formalisme», et sa thèse complémentaire, «Remarques sur la théorie abstraite des ensembles». Il les soutient en Sorbonne le 22 janvier 1938.
Quatre mois plus tard, il est nommé chargé de cours en logique et philosophie générale à l’université de Strasbourg.
Mobilisé en septembre 1939, il est cité pour son courage à deux reprises, mais il est fait prisonnier le 11 juin 1940. Il s’évade et rejoint, à Clermont-Ferrand, l’université de Strasbourg qui y est repliée. Il est cofondateur à Clermont-Ferrand, en 1940, avec Lucie Aubrac et Emmanuel d’Astier de La Vigerie, du mouvement Libération Sud. Il contribue également à la fondation du journal «Libération» destiné à gagner un plus vaste public. Le premier numéro paraît en juillet 1941.

En 1941, il est nommé professeur suppléant de logique et de philosophie des sciences à la Sorbonne, et remplacé par Georges Canguilhem à Strasbourg.
Il participe en zone nord à la résistance au sein du mouvement Libération-Nord. Il s’en détache pour fonder en 1942 le réseau de renseignement Cohors.

Il est arrêté près de Narbonne par la police française en août 1942 et interné à Montpellier. Ayant l’autorisation d’écrire, il se fait communiquer des ouvrages de logique et de philosophie. Il rédige le texte qui sera publié de manière posthume sous le titre «Sur la Logique et la théorie de la science». Il est ensuite déplacé au camp de concentration de Saint-Paul d’Eyjeaux, près de Limoges. Dans le camp il donne une conférence sur la philosophie des mathématiques qu’il utilise comme un langage codé. Il s’évade le 29 décembre 1942.
Il rencontre Charles de Gaulle à Londres en février 1943. Revenu à Paris en février de la même année, il est caché par le docteur Pol Le Cœur rue Jean-Dolent, en face de la prison de la Santé. Cavaillès habite ensuite 34 avenue de l’Observatoire. Il se livre essentiellement au renseignement et au sabotage visant la Kriegsmarine en Bretagne.
Cavaillès est arrêté pour espionnage le 28 août 1943 puis incarcéré à Fresnes.
Il comparaît devant un tribunal militaire allemand pour sabotage et est fusillé le 17 février ou le 5 avril 1944 dans la citadelle d’Arras

Langue

français

Ressources documentaires associées

La bibliothèque personnelle de Georges Canguilhem comporte 11 publications de Jean Cavaillès.
L’ensemble des collections réunies au CAPHÉS en propose 18.
Au CAPHÉS :
Le fonds d'archives de Georges Canguilhem contient un gros dossier relatif à Jean Cavaillès rassemblant notamment les nombreux hommages que Georges Canguilhem lui a dédiés et les documents relatifs à l'édition de ses œuvres.
Le CAPHÉS conserve également quelques archives (1 boîte) de la Société des Amis de Jean Cavaillès.
Jean Cavaillès est présent dans d'autres fonds conservés au CAPHÉS :
-les archives de Claire Salomon-Bayet
-les archives de Pierre Buser
La bibliothèque de l'ENS Ulm-Lettres et sciences humaines conserve les archives de Jean Cavaillès et des documents relatifs à Jean Cavaillès dans plusieurs fonds : le fonds photographique, le fonds Jean Bayet.
D'autres institutions conservent des documents en lien avec Jean Cavaillès : la Contemporaine (Nanterre), la BNUS de Strasbourg, la Bibliothèque Victor Cousin de la Bibliothèque interuniversitaire de la Sorbonne.

Source

Extrait du blog de la Société des Amis de Jean Cavaillès

Bibliography

Jean Cavaillès est mentionné dans les volumes 1, 2, 3, 4 et 5 des «Œuvres complètes» de Georges Canguilhem.

Ressources liées

Filtrer par propriété

Auteur principal
Titre Libellé alternatif Classe
Jean Cavaillès ; Bruno Huisman (présentation) - Oeuvres complètes de philosophie des sciences [suivi de] Georges Canguilhem - In memoriam Auteur principal Livre
Jean Cavaillès ; Gaston Bachelard (préface) ; G. Canguilhem et Ch. Ehresmann (éditeurs) ; Jan Sebestik (postface) - Sur la logique et la théorie de la science Auteur principal Livre
Jean Cavaillès ; G. Bachelard (préface à la seconde édition) ; G. Canguilhem et Ch. Ehresmann (avertissement à la première édition) - Sur la logique et la théorie de la science Auteur principal Livre
Sujet
Titre Libellé alternatif Classe
Francisco Jarauta - La filosofía y su otro : Cavaillès, Bachelard, Canguilhem, Foucault Livre
Alain Badiou - Petit panthéon portatif : Althusser, Borreil, Canguilhem, Cavaillès, G. Châtelet, Deleuze, Derrida, Foucault, Hyppolite, Lacan, Lacoue-Labarthe, Lyotard, F. Proust, Sartre Livre
Georges Canguilhem - Vie et mort de Jean Cavaillès Livre
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Ferhat Taylan - Le statut du concept dans l'épistémologie historique, de Cavaillès à Foucault Chapitre
Gary Gutting - Philosophy of the concept : Cavaillès, Canguilhem, and Serres Chapitre
Kevin Thompson - Historicity and transcendentality : Foucault, Cavaillès, and the phenomenology of the concept Article universitaire
Jean Cavaillès ; Georges Canguilhem (présentation) - Mathématiques et formalisme Article universitaire
Bruno Huisman - Canguilhem et Cavaillès Article universitaire
Pierre Cassou-Noguès - Cavaillès, 1938 : l'imprévisible et le nécessaire de l'histoire Chapitre